« Ce que j’ai reçu de mieux, c’est l’espoir », raconte Lucky, qui vient de terminer le récent Programme d’éducation pour la paix (PEP) à la prison de Zonderwater, en Afrique du Sud.

« C’est parfois très décourageant, frustrant et ennuyeux d’être en prison. Alors, avec ce programme, le moral remonte, vous voyez d’abord les autres changer, et quand ça commence à faire son chemin en vous, il vous apporte la satisfaction, l’acceptation, la tolérance, un air frais qui vous stimule et vous fait entrevoir des lendemains meilleurs. »

Le PEP est une longue et belle histoire à Zonderwater. Au cours des cinq dernières années, 750 détenus ont déjà pu suivre le programme, parmi les 3 500 prisonniers que compte la prison. En novembre 2012, Prem Rawat s’y était rendu et avait rencontré 300 détenus qui suivaient les cours du PEP. Sa visite a été un moment fort et a dynamisé ce programme en pleine expansion.

Thabo, un autre détenu qui a obtenu son certificat du PEP, a eu une enfance traumatisante. À 4 ans, il s’est enfui avec sa mère de la maison de son père, où elle travaillait comme bonne. À la mort de celle-ci, il s’est retrouvé seul, sans domicile ni moyen de retrouver son père.

« Ce programme a changé ma vie, confie-t-il. Le bonheur, la liberté, la bonté, je ne savais pas ce que c’était. Je ne savais pas où trouver la paix. La solitude et la mélancolie me détruisaient. Aujourd’hui, j’y vois clair. »

Salomon, un autre participant, explique : « Je faisais partie d’un gang et je passais mon temps à faire des allers-retours en prison. Je comprends maintenant que la paix est mon carburant intérieur. C’est le premier certificat que j’ai reçu de ma vie. Ce programme m’a fait comprendre que je cherchais toujours les solutions ou la fin de mes problèmes à l’extérieur, dans la religion ou les drogues, qui ne m’ont jamais vraiment apporté la satisfaction. Je sais maintenant que je peux compter sur ma force intérieure et mes qualités pour m’aider dans ma vie de tous les jours. »

« J’ai été incarcéré alors que je n’avais commis aucun crime, affirme Thabang. J’avais de la colère en moi. J’ai appris à pardonner et à ressentir la paix. J’ai appris tout ça de Prem Rawat. »

Un autre diplômé du PEP, Phineas, ajoute : « Je suis en prison depuis vingt ans, c’est très douloureux. Depuis ce programme, je pardonne à ceux qui m’ont envoyé ici. J’ai appris à apprécier ce qui m’arrive. »

Le PEP de Zonderwater a été tellement apprécié – tant du côté des prisonniers que des autorités pénitentiaires – que d’autres cours ont démarré dans le pays depuis la visite de Prem Rawat : au centre correctionnel de Johannesburg, à la prison Pollsmoor du Cap et à la maison de correction de Westville, à Durban. Des discussions sont en cours pour démarrer un PEP à la prison de Malmesbury, dans la province du Cap-Occidental.

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