Quand dans une équipe, les membres se respectent, se font confiance, se soutiennent et communiquent avec franchise, l’efficacité de leur travail est décuplée. C’est ce qu’a brillamment démontrée la participation de six bénévoles du Programme d’éducation pour la paix à la conférence de l’Association internationale des établissements pénitentiaires (ICPA), qui s’est tenue du 27 octobre au 1er novembre 2019 à Buenos Aires, en Argentine.

La conférence cette année s’intitulait « Consolider les fondements de nos systèmes pénitentiaires : droits, dignité, sécurité et soutien ». Une proclamation qui est en passe de devenir une évidence pour les autorités pénitentiaires du monde entier. C’est en effet en permettant aux détenus de retrouver leur dignité qu’on augmente les chances de réinsertion.

teamwork ICPA ArgentinaAvec son Programme d’éducation pour la paix, la Fondation Prem Rawat (TPRF) contribue à développer « la dignité, la paix et la prospérité » pour tous, et toutes sortes d’organismes dans le monde utilisent désormais ces formations. Les participants prennent conscience petit à petit d’un sentiment d’espoir et de contentement qui leur est propre. À noter que ces ateliers sont particulièrement efficaces dans les établissements pénitentiaires, où le message de Prem – trouver la paix est la plus belle chose qu’un être humain puisse accomplir – trouve un écho chez les détenus.

La conférence ICPA a réuni des directeurs de prisons de 77 pays et a été l’occasion d’assister à un large choix de présentations. Celle du Programme d’éducation pour la paix (PEP) a fait salle comble. Certains participants, qui avaient déjà entendu parler de l’impact positif du programme sur les détenus, étaient venus pour en avoir les dernières nouvelles.

Ivete Belfort, qui a introduit le PEP au Brésil en 2011, a commencé par en rappeler l’esprit et le contenu, puis elle a fait état de quelques résultats. Au Brésil, en trois ans, près de 7 000 détenus de 23 établissements pénitentiaires l’ont suivi. Au Pérou, au Mexique, à Trinidad et Tobago, un nombre croissant de prisons proposent les ateliers. Au Panama, 10 gardiens de prisons ont été formés pour présenter les ateliers, avec des résultats tels qu’ils ont désormais l’appui du gouvernement.

Trois autres bénévoles avaient chacun 3 minutes pour expliquer comment le programme a été présenté aux autorités de leur pays et comment ils forment depuis les personnes et groupes qui souhaitent animer des PEP, car c’est ainsi que le programme connaît son développement exponentiel !

Martha Elena Pineda, une consultante en marketing, a commencé à présenter le Programme d’éducation pour la paix en Colombie en 2011, principalement dans des centres pénitentiaires. À ce jour, trois mille détenus, dans cinq villes différentes, en ont bénéficié. « Tous ceux qui travaillent à la réinsertion des personnes privées de leur liberté, a expliqué Martha Elena, savent que le sentiment de désespoir est rampant en prison. Ce programme a aidé de très nombreux détenus à retrouver l’espoir et la force intérieure qu’ils croyaient perdus. « Avec ces messages qui leur donnent de l’élan, on voit ces détenus commencer à parler de clarté, de gratitude, de conscience et de compréhension. Ils disent que ce qu’ils apprennent dans ces ateliers les amène à être une bonne compagnie pour eux-mêmes, puis pour leurs familles et pour la société quand ils seront sortis de prison.

Silvia Acosta a parlé du Programme d’éducation pour la paix en Argentine, où il a tout d’abord été mis en place dans un certain nombre d’unités de la Prison fédérale pour femmes de Buenos Aires, avant de s’étendre, depuis 2017, à 14 autres prisons : « Au début, les détenus sont intimidés et n’osent pas trop s’exprimer, mais peu à peu ils se mettent à parler de leur vie et de ce qu’ils ont vécu. Les ateliers créent un environnement propice à la réflexion et à l’envie d’apprendre. On a eu deux directeurs de prison venus assister à un atelier, à la suite de quoi ils nous ont demandé de mettre en place la formation dans une unité éducative. À l’heure actuelle, sur les 739 détenus de cette unité carcérale, 347 l’ont suivie. Nous avons aussi organisé des ateliers à l’École des Cadets de Buenos Aires, où les 111 participants travailleront un jour en tant que gardiens de prison. »

Ted Urguhart a expliqué qu’au Chili, ils ont présenté le PEP à diverses institutions : des maisons de retraite, des centres sociaux, des établissements scolaires, des écoles pour personnes handicapées, des entreprises et des centres de désintoxication. « Toutes ces démarches ont été accueillies avec intérêt et ont donné une crédibilité au Programme d’éducation pour la paix », a-t-il indiqué. Vu le succès du PEP dans le système pénitentiaire chilien, l’équipe de bénévoles s’est vu confier ce printemps la responsabilité d’organiser deux formations pour que les éducateurs du centre pénitentiaire de Colina, une ville proche de Santiago, puissent animer des PEP. « La meilleure façon d’offrir ces ateliers aux détenus dans les prisons du Chili, c’est avec des enseignants du système éducatif pénitentiaire formés à l’animation du PEP », a déclaré Ted.

Un projet qui s’est fait avec le soutien de deux animatrices du PEP, Monica Ureta, du Chili, et Teresa Zumaran, d’Uruguay.

Durant les quatre jours de la Conférence ICPA, les membres de l’équipe ont chacun rencontré des ressortissants de nombreux pays présents. « Nous avons mis toutes nos compétences à profit durant la conférence, souligne Ivete, qui est femme d’affaires et parle plusieurs langues. Ainsi, j’ai pu m’entretenir avec des responsables de prison du Portugal, d’Espagne et d’Amérique latine, et rencontrer des Marocains, des Ivoiriens et des Mozambicains qui vont proposer cette formation à leurs commissions pénitentiaires. »

Ivete a fait la connaissance d’un responsable ougandais, très surpris d’apprendre que des ateliers d’éducation pour la paix avaient lieu dans une prison brésilienne pour délinquants sexuels. « Après lui avoir parlé des résultats du programme chez ces détenus, il veut qu’il soit proposé aux délinquants sexuels en Ouganda. »

Les animateurs se relayaient sur le stand du PEP, tout en suivant le plus de conférences possibles. « Nous ne nous attendions pas à ce que les autorités pénitentiaires soient si chaleureuses et amicales », a confié Ivete.

La conférence terminée, les animateurs ont échangé leurs impressions. Ce qui leur a paru le plus prometteur, ce sont les tablettes numériques à but éducatif pour les détenus, développées par Socrates Software. En Angleterre, certaines prisons les utilisent déjà. Les animateurs du PEP étudient à présent comment amener le PEP aux détenus sur ces tablettes. Aux États-Unis, le programme connaît déjà un grand succès sur une plateforme de tablettes similaires.

L’équipe a constaté que travailler ensemble leur a permis de gagner en confiance et en efficacité. Cette mise en commun de leurs efforts va d’ailleurs se poursuivre.

Les animateurs sont restés en contact avec les personnes qu’ils avaient rencontrées à la conférence. Teresa s’est entretenue avec le responsable des services correctionnels de la République dominicaine, qui lui a indiqué qu’ils avaient eu l’accord pour présenter la formation dans leurs prisons. Le chef dominicain des prisons et la Fondation Genesis, qui soutient les détenus souffrant de problèmes de santé comme le VIH, ont acquis une licence du PEP et démarreront les ateliers en février 2020. Le responsable éthiopien, Jeshi, qui avait dit à l’équipe du PEP que leur présentation à la conférence ICPA avait été la meilleure, a depuis lancé le PEP dans son pays.

L’équipe est vraiment satisfaite de ces résultats. « Ce qui s’est passé à la conférence a été incroyable, se réjouit Ivete. Et l’édition 2020 de la conférence ICPA à Hong Kong sera encore meilleure ! »

 

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